Histoire

La Plaza St-Hubert fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain de Montréal. Bien connue du tout Montréal, elle s’impose comme l’une des plus importantes artères commerciales de la ville, attirant chaque année des milliers de visiteurs d’un peu partout en province, et de l’extérieur du Québec.

En l’honneur du 50e de la Plaza en 2010, l'équipe a arpenté en souvenirs cette grande rue et remonté les époques afin d’explorer toute la richesse historique et culturelle d’une des artères les plus en vue du grand Montréal.

Nous désirons adresser nos plus sincères remerciements à M. Jacques Dupré, archiviste, et M. Réal Rhéaume, président, de la Société d’Histoire de Rosemont pour leur assistance et leur précieuse collaboration.

XIXe siècle

L’appellation « côte » provient du fait que le centre de l’île représente, à l’exception du Mont-Royal, le territoire possédant la plus forte dénivellation topographique de toute l’île.  Le sol de cette région, riche en pierre calcaire, en fait un site propice à l’exploitation.Ainsi, de nombreuses carrières sont déjà en opération le long de la périphérie sud des actuels territoires de Rosemont et de la Petite-Patrie.

La population, constituée en grande partie de catholiques francophones, était majoritairement ouvrière. Les paroissiens de Côte-Saint-Louis cultivaient la terre ou travaillaient dans les carrières à l’exploitation de la pierre.  De nombreuses résidences sont érigées le long de la jeune rue St-Hubert, mais ce n’est réellement qu’avec l’arrivée de la voix ferrée du Canadien Pacifique, en 1878, que l’on assiste à son développement commercial.

En plus de délimiter officiellement les limites sud du territoire, l’avènement de cette voix ferrée servira à créer de nombreux nouveaux emplois dans le secteur. Plusieurs familles s’installent au nord de cette dernière et aux abords de la rue St-Hubert. S’ensuit alors une période d’expansion économique et urbaine importante. Dès 1880, la rue St-Hubert s’impose comme l’un des axes commerciaux les plus importants du Nord de Montréal. Cette effervescence culmine en 1893 avec l’arrivée du tramway électrique de la Montréal Park & Island Railway Company. Ce dernier facilite grandement les déplacements entre les sites de travail et les quartiers résidentiels et attire un grand nombre de travailleurs immigrants. Résultat, vers 1897, le nombre d’habitants du quartier quadruple et de nombreux nouveaux commerces voient le jour.

Début XXe siècle

L’arrivée massive d’immigrants vers la fin du XIXe siècle, caractérisée alors par une immigration familiale et permanente, servira à modeler l’image du quartier de la Petite-Patrie et à lui conférer le caractère multiethnique qu’il possède toujours à ce jour.

Cette poussée majeure de nouveaux arrivants, parmi lesquels on compte notamment des ouvriers Irlandais, Ukrainiens et Italiens, marquera une nouvelle période de prospérité pour la rue St-Hubert. Elle connaîtra ainsi, vers 1910, une fulgurante expansion commerciale. En effet, parmi les nouveaux arrivants ayant érigé pignon sur rue, on compte un grand nombre de commerçants et d’entrepreneurs. La communauté italienne, notamment, connaît une expansion phénoménale au cours de cette période : elle formera sa propre communauté permanente, surnommée la Petite-Italie. La participation de la communauté italienne au développement commercial et industriel du secteur est historiquement considérable; parmi ces derniers on dénote un grand nombre d’ouvriers, d’entrepreneurs et de massons qui participeront tous activement au développement du quartier. On a qu’à penser à la famille Catelli, dont l’usine de pâtes, située aux coins des actuelles rues Henri-Julien et Bellechasse, aura servi à générer de nombreux emplois et à vivifier le secteur.

Les années qui suivront seront marquées par l’arrivée de nombreux commerces à caractère historique sur la rue St-Hubert. La famille Jasmin (dont le fils, Claude, publiera plus tard un roman intitulé « La Petite-Patrie », décrivant son enfance dans le quartier et duquel l’arrondissement tirera officiellement son nom en 1972), y ouvre, vers 1930, un magasin de cadeaux exotiques. Puis, en 1951, la famille Léger ouvre la toute première rôtisserie St-Hubert, précurseur à la grande chaîne actuelle des restaurants St-Hubert BBQ. La rôtisserie se dote par la suite d’une des premières affiches au néon de l’époque, à l’effigie du désormais célèbre « coq » St-Hubert. L’endroit, ayant récemment fait l’objet d’importantes  rénovations, demeure d’ailleurs toujours en opération à ce jour.

1950-60

Afin de préserver l’intégrité et la viabilité des petits commerçants locaux face aux méga-centres émergents et autres gros compétiteurs, plusieurs marchants de la rue St-Hubert décident, en 1954, de se regrouper et de former une association des marchants. Elle mènera finalement, en 1959, à la création de la Plaza St-Hubert telle qu’on la connaît aujourd’hui. 

C’est le début des « belles années » de la Plaza. En effet, les années soixante marqueront une période de prospérité sans précédent pour l’artère commerciale. La Plaza constitue alors un lieu économique et culturel très couru du tout Montréal francophone. Les grands artistes de la période, tels que Claude Blanchard, Fernand Gignac, Jean Grimaldi, Raymond Lévesque, Suzanne Lapointe et Michelle Richard s’y produisent régulièrement. L’achalandage atteint de nouveaux sommets. La Plaza est un lieu de rencontres, de commerce, d’échanges et de divertissements vibrant au sein d’un quartier en plein renouveau.

Le tramway est progressivement remplacé par la nouvelle ligne de métro de Montréal, ce qui facilite l’accès aux résidents. Au début des années soixante, la nouvelle station de télévision Télé-Métropole (CFTM-10) vante constamment les mérites de la Plaza sur ses ondes. La très populaire émission dix sur dix, animée par Réal Giguère, participe également au succès retentissant de la Plaza en offrant la chance à ses téléspectateurs de remporter de nombreux prix en provenance des plus impressionnantes boutiques de l’artère. Au cours de cette période se tiennent les premiers « défilés de Noël » le long de la rue St-Hubert, événement annuel qui demeure à ce jour très populaire auprès des Montréalais. La rue poursuit son ascension et de plus en plus de magasins décident de s’y installer. Il est possible d’y apercevoir presque toutes les classiques de l’époque : la quincaillerie Lambert, le magasin Greenberg, le magasin Sauvé, l’épicerie Dionne et plusieurs autres noms qui auront marqué le milieu du commerce.

1970-80

Cette période de prospérité se poursuit au cours des années 70. Des subventions à la rénovation de logement rendent possible la restauration de plusieurs unités d'habitation, embellissant le quartier et contribuant à la valorisation de l’artère commerciale. La Plaza St-Hubert présente, en 1973, la toute première édition de sa grande vente trottoir annuelle. Il s’agit à ce moment d’une première au Québec pour un tel événement.

Les années 80 seront marquées par une nouvelle vague d’immigration dans le secteur. En effet, de nombreux nouveaux arrivants, issus cette fois-ci en majorité de pays latino-américains, d'Haïti et de pays asiatiques (surtout du Vietnam),  érigent domicile dans le quartier. Certains d’entres-eux ouvrent de nouveaux commerces. Ces nouveaux habitants contribuent dès lors à la vitalité commerciale, à la richesse culturelle et à la diversité sociale qui serviront à forger le caractère unique et le dynamisme de l’arrondissement tel qu’on le connaît aujourd’hui.

En 1984, la ville de Montréal décide de tenter une expérience en design urbain et dote la Plaza d’une impressionnante marquise de verre abritant les deux trottoirs de la rue St-Hubert sur une distance de 1,2 km. Désormais célèbre pour cette particularité esthétique, la Plaza continue d’être un des lieux de prédilection pour le magasinage des Montréalais. À ce moment, la Plaza compte plus de 400 commerces, magasins et pourvoyeurs de services. Elle est reconnue notamment pour sa vaste sélection de boutiques spécialisées en accessoires de mariages, et particulièrement, pour ses nombreuses boutiques de robes de mariées. L’artère regorge également de restaurants, bars, terrasses et boutiques en tout genre.

Arrivée de la SDC

Les quelque 400 commerçants œuvrant sur l’artère sont appuyés par la Société de Développement Commercial de la Plaza St- Hubert, un organisme à but non lucratif fondé en 1981 qui regroupe l'ensemble des entreprises, aussi bien de détail que de service, exerçant sur le territoire qu'elle dessert.

Elle a pour but de promouvoir le développement commercial et la notoriété de la rue St-Hubert. Toujours au service de ses membres, la Société regarde sans cesse vers l’avant et déploie une énergie remarquable à assurer le développement de l’artère et de son quartier. De nombreuses initiatives ont ainsi pris naissance au cours des dernières années, allant de concours en entrepreneurship, de vastes projets de revitalisation et à la tenue d’événements spéciaux, telle que la grande vente-trottoir annuelle de la Plaza, nommée depuis 2010  Athmosph’air sur la Plaza; un événement très couru des Montréalais, qui transforme chaque année la rue St-Hubert en immense foire commerciale aux allures de fête à forte connotation culturelle.

Fort de tous ces efforts, l’avenir de la Plaza semble assuré. Sans cesse en train de se renouveler, la Plaza s’impose encore et toujours comme l’un des principaux axes commerciaux de la ville de Montréal. La vitalité de l’artère demeure toujours aussi forte qu’au moment de sa formation, il y a maintenant plus d'un demi-siècle. Fidèle témoin historique de l’évolution d’une grande ville, la Plaza St- Hubert demeure à ce jour le poumon économique de la Petite-Patrie ainsi qu’une composante essentielle du paysage montréalais. Ayant déjà atteint cinquante belles années de vie commerciale en 2010, il ne nous reste plus qu’à lui souhaiter qu’elle saura poursuivre sous l’égide de la prospérité pour encore de nombreuses années à venir. 

30e anniversaire de la marquise

En 2014, la SDC fête les 30 ans de sa verrière. En voici les grandes lignes 

Consultez aussi l'article ''Le Dilemme de la marquise'' publié dans le magazine Continuité pour en connaître les enjeux